top of page

Comment faire un bon cunnilingus ? Bien plus qu’une question de technique

Photo du rédacteur: Sibylle Rupprecht
Sibylle Rupprecht
15 sept.
5 min de lecture

Le cunnilingus fait partie de ces pratiques sexuelles dont on parle beaucoup… mais pas toujours très bien. Sur Internet, les conseils techniques ne manquent pas : faire des cercles avec la langue, accélérer, ralentir, changer de rythme, stimuler le clitoris de telle ou telle manière…

Tout cela peut être utile. Mais à force de chercher la bonne technique, on risque de passer à côté de l’essentiel : il n’existe pas une façon universelle de faire un bon cunnilingus. Parce qu’il n’existe pas non plus une façon universelle pour une femme d’éprouver du plaisir.

Certaines aiment une stimulation très douce, d’autres plus appuyée. Certaines apprécient une stimulation directe du clitoris, tandis que d’autres la trouvent rapidement trop intense. Certaines ont besoin de temps pour que l’excitation monte. Et certaines, tout simplement, n’aiment pas particulièrement recevoir un cunnilingus.

Alors, si l’on devait commencer par une règle, ce serait probablement celle-ci : un bon cunnilingus ne consiste pas à appliquer une technique à un corps. Il consiste à découvrir le plaisir d’une personne.


Avant la technique : créer de bonnes conditions

Avant même de parler de gestes, certaines conditions favorisent le plaisir.

La première est évidente : le cunnilingus doit être désiré par les deux partenaires. Ce n’est ni une obligation ni une pratique que toutes les femmes sont censées apprécier. On peut le proposer, en parler, le découvrir, mais jamais l’imposer ou insister.

L’hygiène participe également au confort. Une hygiène intime habituelle et une bonne hygiène buccale permettent généralement d’aborder ce moment plus sereinement. Mais n’oubliez pas qu’une vulve n’est pas une zone aseptisée : elle a naturellement une odeur, un goût et des sécrétions. Cela fait partie du corps et de la sexualité.

L’environnement a aussi son importance. Se sentir bien installé, ne pas avoir froid, ne pas craindre d’être interrompu et surtout ne pas être pressé favorisent le lâcher-prise.

Enfin, le sexe oral peut transmettre certaines infections sexuellement transmissibles. La santé sexuelle mérite donc d’être abordée entre partenaires et, lorsque la situation le nécessite, une protection adaptée peut être utilisée.


Le clitoris : comprendre avant de vouloir « bien faire »

Connaître un minimum l’anatomie féminine est utile.

Le clitoris joue un rôle central dans le plaisir sexuel féminin. Sa partie visible, située au sommet de la vulve, n’est d’ailleurs qu’une petite partie de l’ensemble de sa structure.

Mais savoir où se trouve le clitoris ne signifie pas qu’il faille immédiatement se précipiter dessus. C’est même une erreur fréquente : vouloir atteindre rapidement «le bouton du plaisir» et le stimuler intensément.

Or, cette zone est particulièrement sensible. Une stimulation trop directe ou trop insistante peut devenir désagréable. Le plaisir peut se construire progressivement autour du clitoris : les grandes et petites lèvres, l’entrée du vagin, l’intérieur des cuisses, mais aussi le reste du corps participent à l’excitation.

Le cunnilingus peut donc commencer bien avant la stimulation directe du clitoris.


Prendre son temps… et savoir continuer quand c’est bon

Le plaisir féminin n’est pas nécessairement immédiat. L’excitation peut se construire progressivement grâce aux caresses, aux baisers, au souffle, à la proximité des corps et à l’anticipation.

Les stimulations peuvent ensuite évoluer : plus ou moins de pression, un rythme différent, des mouvements plus lents ou plus soutenus. Mais attention à une idée très répandue : varier n’est pas toujours synonyme de mieux faire.

Vous sentez que votre partenaire réagit particulièrement à un mouvement ? Sa respiration change, son bassin accompagne le rythme, son excitation augmente ? Alors, inutile de changer immédiatement pour montrer l’étendue de votre répertoire.

Quand quelque chose fonctionne, continuez.


Aucun tutoriel ne connaît mieux votre partenaire qu’elle-même

Le corps donne de nombreuses indications : la respiration, les mouvements du bassin, les contractions, la façon de se rapprocher ou de créer de la distance…

Observez-les, mais n’essayez pas non plus de tout deviner.

Demander simplement « Tu aimes comme ça ? » peut être parfaitement érotique. Pouvoir guider l’autre, lui dire de ralentir, de continuer exactement de cette manière ou de changer quelque chose fait partie d’une sexualité complice.

Et recevoir ces indications n’est pas un échec. Si votre partenaire vous demande autre chose, cela ne signifie pas que vous êtes « mauvais au lit ». Elle vous donne simplement accès à son propre mode d’emploi.

La curiosité envers l’autre est souvent bien plus utile que la volonté de prouver son savoir-faire.


« J'avais toujours ressenti une certaine gêne à exprimer mes véritables préférences. Grâce à l'accompagnement que j'ai reçu, j'ai appris à dialoguer avec mon partenaire, ce qui a considérablement amélioré notre vie intime. Le cunnilingus est devenu un moment de partage et de plaisir intense, car il est maintenant en adéquation avec mes désirs et mon rythme. » A-M. T.


Un cunnilingus n’est pas trois secondes de préliminaires

Il existe encore une représentation très linéaire de la sexualité : quelques caresses, éventuellement un peu de sexe oral, puis la pénétration qui constituerait enfin « le vrai rapport sexuel ». Cette vision mérite d’être remise en question.

Le cunnilingus n’est pas simplement une étape destinée à préparer le vagin à la pénétration. Il peut être un acte sexuel à part entière, avec sa propre temporalité et son propre plaisir.

Il peut durer. Il peut mener à l’orgasme ou simplement procurer beaucoup de plaisir. Et surtout, il n’a pas besoin d’être suivi d’une pénétration pour être une expérience sexuelle complète.

Sortir de ce scénario permet d’élargir la sexualité au-delà de l’enchaînement presque automatique : excitation, érection, pénétration, orgasme.


Donner du plaisir… et avoir envie de le donner

Il reste une dimension dont les tutoriels parlent rarement : l’envie de donner du plaisir.

Faire un cunnilingus parce que l’on pense qu’il « faut le faire », pendant quelques instants avant de passer rapidement à autre chose, n’est pas la même expérience que le faire avec une véritable envie. Et cela se ressent.

Sentir que l’autre ne se dépêche pas, qu’il n’attend pas simplement son tour et qu’il prend lui-même plaisir à ce moment peut profondément changer la façon dont on le vit.

La personne qui reçoit peut alors davantage se laisser aller, sans se demander si elle prend trop de temps ou si son partenaire attend impatiemment la suite.


Et l’orgasme dans tout ça ?

Le cunnilingus peut conduire à l’orgasme. Mais en faire l’objectif absolu risque de transformer un moment de plaisir en nouvelle épreuve de performance. Il faut éviter qu’un cunni devient une épreuve où chacun commence à évaluer ce qui se passe au lieu de simplement le vivre.

L’orgasme peut être merveilleux, mais il n’est pas le seul critère d’une expérience sexuelle réussie. Le plaisir, l’excitation, la sensualité, la connexion et le lâcher-prise comptent tout autant.


Finalement, quelle est la meilleure technique ?

Apprendre l’anatomie et découvrir différentes manières de stimuler la vulve et le clitoris peut évidemment enrichir la sexualité. Mais cela ne donnera jamais une recette valable pour toutes les femmes.

Le meilleur amant ou la meilleure amante n’est pas la personne qui connaît le plus de techniques. C’est celle qui sait être attentive, curieuse et présente.

Et surtout celle qui ne considère pas le plaisir de l’autre comme une formalité avant de passer à la pénétration.


Et si le plaisir reste compliqué ?

Exprimer ses envies, guider l’autre ou simplement se sentir suffisamment à l’aise pour recevoir du plaisir n’est pas toujours évident. Des gênes, des blocages, des difficultés à lâcher prise ou à communiquer peuvent s’installer dans la vie intime.

Un accompagnement en sexothérapie peut vous aider à mieux comprendre ce qui se joue, à retrouver confiance et à construire une sexualité plus libre et plus sereine, en accord avec vos envies et vos besoins.

Commentaires


© 2021 par SR-Sexothérapie

bottom of page